La légende de l'Elue

Extrait du Tome I

Personnage réel devenu mythique, l'Elue est à l'origine d'un nouvel enseignement spirituel, suivi en Fenri.

« Toute petite et orpheline, alors que le monde était plongé dans l’obscurcissement déversé par le Tian Kazan, elle fut recueillie et élevée par une meute de loups. Vivant dans des cavernes, elle grandit, protégée par sa nouvelle famille. Les loups avaient renoncé à engendrer des petits pour ne se consacrer qu’à elle. La nourriture étant très rare, ils se démenèrent pour lui trouver de quoi subsister. La légende rapporte qu’une tribu découvrit cette étrange meute. Affamés et frigorifiés, les hommes, par la ruse, en abattirent tous les membres, excepté l’enfant qui était devenu une jeune femme. Révoltée de voir massacrer ceux qu’elle considérait comme étant sa famille, elle s’enfuit et se réfugia dans les contreforts des grandes montagnes. Par dépit, elle gravit la plus haute de toutes les montagnes, résolue à voir une dernière fois la lumière avant de mourir à son tour. Parvenue à son sommet, à moitié morte de faim et de froid, elle réussit à traverser les épaisses couches de nuages noirs amoncelés, empêchant les rayons de Savi, de filtrer. Elle fut éblouie par la lumière blanche et aveuglante. Les rayons de l’astre de jour réchauffèrent son pauvre corps et elle trouva des baies en grande quantité. Il ne faisait plus froid et la neige avait fait place à de l’herbe verte et tendre. Elle s’allongea sur cette douce couche de verdure et attendit que le trépas vienne la saisir. Au lieu de cela, une clarté plus intense se fit. Ouvrant les yeux, elle découvrit un oiseau de lumière. Tillih avait tressailli. Elle se souvint de son étrange rêve alors qu’elle était seule dans le désert. Mais, elle n’en dit rien et se contenta d’écouter la suite de ce récit fantastique.

— L’oiseau de très grande taille se posa sur un pic rocheux et s’adressa à elle : « Je suis le Grand Simorph. Tes amis les loups ont pris soin de toi durant de longues années. Tu dois retourner parmi les hommes. Les temps ténébreux sont terminés. La lumière va réapparaître à tous. » « Pourquoi retournerais-je chez les hommes ? » s’était indignée la jeune femme. « Ils ont tué mes amis. Ce sont des êtres répugnants. Je préfère mourir et rejoindre les miens. » « Tu ne mourras pas ! avait tonné l’être de lumière. Les hommes doivent apprendre à vivre en harmonie avec les autres espèces. Tu dois y retourner. Pour t’aider dans ta tâche, nous te donnerons ce qu’aucun ne possède. Cependant, tu devras faire attention à utiliser avec sagesse les pouvoirs qui te seront conférés car ils ont une valeur inestimable et tu en seras la dépositaire. » La jeune femme accepta en souvenir du sacrifice des loups. Elle fut conduite en un endroit secret et instruite. Pendant ce temps, le monde recouvrait peu à peu la lumière. Comme je te l’ai déjà raconté, les hommes, au lieu de se reconstruire et de s’entraider, se livraient bataille. Il fut temps. La formation de la jeune femme était achevée. Le Grand Simorph la raccompagna en bas des montagnes, sur son lumineux et puissant dos ailé. Vêtue de peaux de loup, parée d’une coiffe faite de plumes de rapaces et les mains gantées jusqu’aux avant-bras dans de la fourrure de tigre et dont les extrémités se terminaient par de redoutables griffes, elle alla au devant des hommes. L’Elue leur annonça qu’une nouvelle ère débutait. Elle leur parla et leur expliqua qu’ils devaient s’unifier et bâtir un monde de paix et de tolérance. Certains s’opposèrent à

elle et la raillèrent. Alors, elle utilisa son prodigieux pouvoir pour les convaincre.

— Quel était ce pouvoir ?

— Les pouvoirs du Fenri, du Simorph et du Ghinba réunis en une force unique, nommée Krön.

Tillih était dubitative. Elle fouillait désespérément sa mémoire mais elle avait oublié. Quelquefois, un nom ou un fait rapporté lui semblait singulièrement familier. Malheureusement, il demeurait au stade de paramnésie, auréolé de brumes altérant les souvenirs.

— Elle avait la faculté d’endosser les traits du loup, du rapace ou du tigre à volonté. Outre l’infinie sagesse des paroles dispensées à ceux qui voulaient espérer, elle combattait avec une adresse et une force que nul n’égalait. Percevant ce que les personnes ne veulent pas révéler, elle pressentait les événements et devançait ainsi les mauvais coups échafaudés par ses adversaires.

— Quel était son nom ? Tu ne le cites jamais.

— Non ! Son nom a été volontairement oublié selon son souhait, ceci afin que jamais elle ne soit vénérée. Seules les forces de la création avaient ce privilège. Elle reste celle qui nous a montré le chemin, une simple mortelle choisie par les entités supérieures. Seul son enseignement devait perdurer dans l’esprit des humains. »


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